30.10.2007

La braise sous la cendre...

Alors que les médias français raffolent d’habitude des sondages en tout genre publiés à longueur de colonnes, le fameux Traité européen qui reprend 99% de la Constitution européenne rejetée par les Français, suscite très peu d’enquête interrogeant les Français sur leur préférence quant à la tenue ou non d’un nouveau référendum.

Il a fallu attendre l’enquête d’opinion du Financial Times pour que Le Parisien, ce matin, soit le premier à réagir. Les chiffres sont éloquents : 76% des Allemands, 72% des Italiens, 65% des Espagnols veulent un référendum et 63% de Français.

Le Parisien fait état dans la foulée d’un second sondage, où les Français sont 61% à vouloir le référendum, mais où il est précisé que 68% d’entre eux voteraient « oui » au traité. Drôle de sondage, en vérité, comme si on voulait tuer la revendication référendaire en même temps qu’on constate qu’elle est majoritaire : en effet, à quoi bon un référendum si le oui est sûr de l’emporter ? Autant faire voter directement le Parlement, ce sera plus rapide et moins coûteux…

Bien entendu, les commentateurs des sondages ne font que suggérer cette idée, aussi perfide que fausse : car s’il est évident que le vœu des Français pour un référendum est ferme et clair (la question comme la réponse sont sans ambiguïté), il est en revanche totalement tendancieux, à ce stade, de mettre sur un même plan la probabilité de vote « oui » pour un traité dont presque personne ne sait ce qu’il contient et dont on nous abreuve du matin au soir qu’il est soi-disant un « succès personnel pour Nicolas Sarkozy et pour la France en Europe ».

Nos concitoyens, j’ai déjà reçu des milliers de témoignages en ce sens, sont indignés par ce véritable déni de démocratie. Quant à ceux qui ne savent pas, ils sont méfiants car ils sentent bien l’entourloupe. Il va de soi qu’à mesure que nous les informerons de la réalité du contenu du Traité, la colère grandira.

Comment en effet, au risque de me répéter, peut-on bafouer de manière aussi flagrante la volonté générale exprimée le 29 mai 2005 ? Comment ose-t-on au nom du peuple français, mais contre son désaccord explicite, engager un véritable changement de régime politique en mettant en œuvre un traité qui va complètement vider de sa substance notre démocratie ? Cela revient à violer le principe sacré du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, qui a toujours été au cœur de notre pacte républicain depuis 1789 et figure en toutes lettres dans la Charte des Nations Unies, signée par la France et tous les pays de l’UE.

Contrairement à ce que pensent beaucoup d’observateurs, le combat n’est pas perdu. Mais il faudra aller très vite. La mobilisation est possible, une immense indignation se lève sans bruit, elle est perceptible comme la braise sous la cendre. De toute façon, il n’est pas d’exemple dans l’Histoire de France de dirigeants qui ont pu durablement bâillonner le peuple.

A nous donc d’agir, chacun à sa manière. Additionnons nos forces ! Et gardons espoir : la vérité finit toujours par l’emporter sur le mensonge, de même que le droit sur la force et la démocratie sur le despotisme…

 

Par Nicolas Dupont-Aignan

22.10.2007

Pendant qu'on cancane à Paris, on assassine la démocratie à Lisbonne

Cà y est. Je vais céder à la facilité ambiante et aborder l’annonce officielle de la séparation du couple présidentiel. Non, rassurez-vous, je ne commenterai pas cette affaire privée qui est devenue de fait publique, mais je veux simplement vous dire combien il est ahurissant de voir la disproportion de traitement et de commentaires entre ce divorce annoncé et l’ouverture du sommet de Lisbonne.

Si, comme c’est probable, le Traité est adopté, il va ouvrir un nouvel hiver pour le fait national en Europe et l’émergence d’un super-Etat européen oligarchique et donc antidémocratique. Espérons simplement, maintenant que la nouvelle de la séparation est connue, que les Français auront le droit d’en savoir plus sur ce Traité surréaliste qui se dit « simplifié » mais qui n’est que « compliqué ».

Pendant qu’on amuse les Français avec des histoires de cœur et de rugby, on est en train de remettre en cause leur liberté de choisir leur destin.

Libre au Président de la République de renier sa promesse de campagne en signant un Traité identique à la Constitution européenne qu’il jugeait « morte » au plus fort de la campagne électorale ! En revanche, il n’a pas le droit devant l’histoire de tromper les Français en leur faisant croire que ce Traité est un compromis entre le Oui et le Non du 29 mai 2005.

Il n’a pas le droit moralement et démocratiquement de faire adopter cette Constitution-bis par le Parlement, sans référendum.

Le moment est venu de mobiliser les Français pour mettre fin à cette nouvelle imposture ! Si vous ne l’avez déjà fait, je vous invite à signer la pétition de DLR pour un nouveau référendum et à encourager vos proches à en faire autant : plus nous serons nombreux, plus nous serons à même de contraindre le président de la République à organiser ce nécessaire référendum !

 

Par Nicolas Dupont-Aignan

19.10.2007

Face au coup de force européen, défendons notre démocratie !

J’ai passé la soirée d’hier à lire (à décrypter !) le nouveau traité modificatif européen, présenté depuis des mois comme un « traité simplifié ». Il faut le lire pour le croire !

Un document de 145 pages, 12 protocoles, 25 déclarations annexes. Un véritable jeu de pistes. Tout est fait pour dissimuler le recyclage du contenu de la Constitution Giscard (moins les symboles) refusée par les Français et les Néerlandais.

Mais la réalité du texte est bien là. Rien n’a changé. Si par malheur ce traité était ratifié, c’en serait fini de notre démocratie et de notre République, ce serait le passage à un fédéralisme européen complet.

Présenter ce texte comme un compromis entre le vote OUI et le vote NON du 29 mai 2005 est à cet égard un mensonge éhonté.

Mais le faire voter uniquement par le Parlement constituerait un véritable coup de force, pour ne pas dire un coup d’Etat. Car cela reviendrait, malgré son refus explicite mais en son nom, à imposer au peuple français un traité qui remet en cause son droit inaliénable et imprescriptible à disposer de lui-même. Ce serait un anti-1789 dont même les ultras de la restauration de 1815 n’avaient pas osé rêver !

Il est temps d’agir. Il faut ouvrir les yeux de nos concitoyens sur la réalité du traité, son contenu, ses conséquences sur leur vie quotidienne et, par conséquent, sur le diktat que constituerait une ratification parlementaire alors même qu’ils ont déjà dit non.

Alors ils comprendront qu’ils sont seuls à même de pouvoir trancher une question aussi fondamentale pour l’avenir du pays, pour son existence même devrait-on dire !

C’est tout le sens de la pétition nationale que je lance « 1 million de signatures pour un référendum ».

A nouveau, il faut reprendre le combat. Je mesure l’ampleur de la tâche, je connais la solitude politique qu’il implique mais il serait indigne et lâche de renoncer car il en va de notre liberté collective.

 

Par Nicolas Dupont-Aignan

17.10.2007

Pétition nationale « 16 millions d’électeurs roulés dans la farine… ET VOUS ? ! »

Le traité « modificatif » censé réconcilier le oui et le non à la Constitution européenne rejetée en 2005, est une véritable escroquerie : ce nouveau texte n’est en réalité que le recyclage de plus de 90% du précédent traité constitutionnel.

Pire, le président de la République veut le faire approuver dans le dos des Français, par le Parlement ! Ce serait un véritable coup de force contre la démocratie française.

DLR appelle tous les électeurs du non de 2005 et même tous nos concitoyens qui ont voté oui mais qui défendent le respect du suffrage universel, à signer massivement sa pétition nationale pour un nouveau référendum européen. Durant tout l’automne, les militants de DLR diffuseront auprès de nos concitoyens un tract-pétition pour obliger Nicolas Sarkozy à organiser un référendum.

Vous pouvez à partir de cette page télécharger ce document au format PDF.

PDF - 254.8 ko
Tract-pétition à imprimer
Vous non plus, ne vous laissez pas rouler dans la farine, faites respecter vos droits de citoyen !

15.10.2007

Sur le site de Marianne, NDA dénonce un coup d’Etat européen

Constitution-bis : non au coup d’Etat !

En 2005, les élites ont voulu piéger le peuple français, invité par référendum à commettre une sorte d’euthanasie, afin d’enfoncer une fois pour toutes le clou du fédéralisme européen, planté de travers lors de Maastricht, et refermer la page, justement ouverte par la France en 1789, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Mais en un 29 mai historique, dont les accents de liberté ne furent pas sans rappeler le Printemps des Peuples de 1848, quelque 16 millions de Français, soit près de 55% des suffrages exprimés, rejetèrent cette dérive européenne, antidémocratique, antisociale et antinationale, entamée depuis 1992. Le piège était déjoué, la boucle était bouclée : le référendum de 2005 effaçait celui de 1992 ; les 55% de non lestés par le recul de l’expérience, devaient tirer un trait définitif sur les 51% de oui mal-acquis une quinzaine d’années plus tôt, sur la base de promesses et de garanties qui s’étaient toutes révélées mensongères. La démocratie aurait dû passer, comme passe la justice. Hélas, on lui demande aujourd’hui de circuler…

Car, au lieu de changer la construction européenne, nos dirigeants veulent court-circuiter le peuple : ils tentent de l’endormir en faisant croire que le « traité modificatif » est un compromis honorable entre le oui et le non au TCE, et avanceront toutes sortes d’arguments fallacieux pour démontrer que le vote de 950 parlementaires vaut celui de 42 millions de citoyens . La seule réalité, c’est qu’ils ont peur d’un nouveau référendum, car ils en savent par avance le résultat. Ainsi, face à la résistance du peuple français, les élites de Paris et Bruxelles n’hésitent plus à passer en force, nous imposant leur « démocratie européenne ». Une drôle de démocratie, à sens unique, qui peut se résumer ainsi : « Quand c’est oui, c’est oui. Quand c’est non, c’est… oui quand même ! » Inutile de mâcher ses mots, cela s’appelle un coup d’Etat, fût-il de velours.

Un coup d’Etat d’autant plus grave qu’il imposera au peuple français et en son nom, un traité asseyant définitivement la primauté du droit européen sur le droit national, l’existence d’un super-Etat européen doté de tous les attributs d’une souveraineté propre, le principe d’une politique étrangère inscrite dans l’OTAN, l’extension de la majorité qualifiée à une foule de nouveaux domaines, comme l’immigration, les services publics ou les accords à l’OMC (où la France sera désormais aisément mise en minorité), une Charte des droits fondamentaux heurtant frontalement notre conception républicaine de la laïcité et de l’unité nationale, ou encore la suprématie de l’Allemagne sur la France, au risque de mettre en péril la réconciliation historique des deux pays,… Bref, c’est la définition même de la France, sa République, sa substance unitaire, indivisible, souveraine, héritée de 1789 et avant cela des légistes royaux, que l’on veut assassiner par ce passage en force parlementaire !

Face à ce coup d’Etat inédit dans notre histoire, ce ne sont pas seulement les opposants à la Constitution-bis qui doivent se lever pour obtenir un nouveau référendum. Electeurs du oui ou du non en 2005, c’est le peuple français tout entier, dont on veut bafouer la libre détermination, qui doit défendre sa dignité et sa démocratie menacées.

 

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République

12.10.2007

Ouverture : pièges à cons !

Les déclarations de Fadela Amara jugeant « dégueulasse qu’on instrumentalise l’immigration » ont provoqué un léger court-circuit politique comme en raffolent les séances du mardi et mercredi à l’Assemblée Nationale.

A la différence de Messieurs Kouchner et Lang qui ne supportaient pas l’idée de retomber dans l’anonymat et sont prêts à avaler toutes les couleuvres pour faire briller leurs ultimes années d’activité sous les ors de la République, Madame Amara est une femme sans doute droite et sincère.

Elle commence à comprendre toute la différence entre « ouverture », simple récupération politique qui carbonise tous ceux qui y participent et « gouvernement d’Union nationale », qui associe autour d’un pacte fondateur et d’un projet précis des personnalités variées et respectées.

Car là réside bien le vice de conception de la fameuse ouverture. Ses ministres ne sont pas là pour ce qu’ils peuvent bâtir ensemble mais pour ce qu’ils représentent (l’image toujours l’image) avant de monter dans le navire. Une fois embarqués, ils découvrent que le barreur navigue à vue.

Un petit coup d’amendement ADN pour donner l’illusion de la fermeté ; le retour vers l’OTAN pour plaire aux Américains et aux atlantistes français, de droite comme de gauche, les franchises médicales sans s’attaquer aux causes du trou de la sécurité sociale, etc…

Le piège se referme sur les ministres d’ouverture. Soit ils protestent comme la ministre et ils stigmatisent alors bon nombre de membres de la majorité, c'est-à-dire à travers eux les électeurs. Soit ils serrent les dents et l’alibi de l’ouverture disparaît, les Français n’étant pas dupes de la « solidité » de leurs convictions.

En vérité nous vivons une étrange période. On n’a jamais vu quatre mois après une aussi éclatante victoire présidentielle, une ambiance aussi morose au Parlement. Un Premier ministre fantomatique, la plupart des ministres ne sachant pas où va le gouvernement ni quel est leur rôle... Quant aux parlementaires, comme l’a si bien souligné Nadine Morano, pourtant sarkozyste de choc, ils ont au moins l’avantage sur les ministres d’ouverture d’être désignés par le suffrage universel et non par les bonnes grâces de l’exécutif ! A force d’avoir le tournis, les parlementaires finissent par ruer dans les brancards…

Le Président de la République me fait penser à un artificier qui lancerait le bouquet final au début du feu d’artifice ! Comment durer dans ces conditions?

Je persiste à penser, n’en déplaise au discours dominant, qu’on ne gouverne pas la France comme on dirige TF1. Les Français s’amuseront un temps seulement du spectacle. Ils veulent comprendre le sens de l’action menée, sa cohérence. Ils exigeront bientôt des résultats. Ils veulent en effet pouvoir vivre dans des conditions matérielles et morales dignes. Or, pour cela, il faut une vraie démocratie et une vraie politique économique d’expansion. La clarté. Une majorité (éventuellement élargie) autour d’un projet lisible et une minorité dans l’opposition comme contrepoids.

L’ouverture veut en fait brouiller les lignes pour retarder le moment de vérité où cette fuite en avant de l’exécutif apparaîtra pour ce qu’elle est : bien peu de choses… C’est un vrai piège à cons !

ps : en terminant l’écriture de ce blog, j’aperçois à la télévision une émission consacrée au Général de Gaulle, conclue par une intervention de Jack Lang. Il y avait de quoi pleurer… l’hommage du vice à la vertu !

 

Par Nicolas Dupont-Aignan

08.10.2007

Voyage au coeur des dysfonctionnements de la Justice

La vie parlementaire a repris. Les deux premières séances de questions d’actualité, mardi et mercredi, ont été des plus banales.

J’avais l’impression d’assister à un éternel jeu de rôle. D’un côté l’opposition qui entonne toujours le même refrain, pointant du doigt la régression sociale mise en œuvre par le méchant gouvernement de droite, sans jamais d’ailleurs avancer la moindre proposition alternative. De l’autre, le gouvernement qui dans un réflexe pavlovien répond à ces critiques en agitant le souvenir désormais bien lointain du bilan de la gauche et de l’échec des 35 heures.

Quant aux questions des Députés UMP, elles ne servent que de faire-valoir aux Ministres. Selon la formule qu’utilisent les Députés eux-mêmes, elles sont « téléphonées », elles relèvent d’une pure mise en scène.

Faut-il que notre démocratie soit tombée bien bas pour que chaque semaine se répètent les mêmes pitreries ! Spectacle d’autant plus affligeant que les parlementaires, lors des autres séances, débattent avec sérieux, sans anathème, des sujets graves. Pourquoi alors cette dérive des mardis et mercredis ? Comme si la présence des médias et l’affluence soudaine des Députés conduisaient tout à coup l’Assemblée à perdre la raison !

Heureusement, le travail parlementaire ne se réduit pas à cet exercice dérisoire. A titre d’exemple, appartenant à la mission d’information créée par le Président de la Commission des lois sur l’exécution des peines de justice, j’ai participé hier à une journée de visite et de dialogue au Tribunal de Grande Instance de Paris pour comprendre concrètement pourquoi tant de décisions de justice ne sont pas appliquées dans notre pays. Au terme de cette journée, je retiens deux enseignements.

  • les magistrats font preuve dans l’ensemble de bonne volonté contrairement à ce qui est souvent dit mais sont débordés face à l’inflation des dossiers. Cette situation s’explique par trois raisons : la multiplication des requêtes, la complexité des lois de plus en plus changeantes et enfin l’insuffisance criante de moyens ;
  • le retard d’organisation du Ministère de la Justice est colossal. J’ai ainsi pu constater avec mes collègues que bon nombre de décisions de justice ne sont pas appliquées, à l’exception de la procédure de comparution immédiate souvent suivie d’un mandat de dépôt en cas de peine de prison.

Il faut ainsi compter sur la bonne volonté des délinquants pour qu’ils exécutent leur peine ! En effet, si les policiers ont arrêté le coupable, l’audience est tout d’abord renvoyée à plusieurs mois. Il est rare alors que le délinquant se présente devant le Tribunal et, s’il n’est pas présent, il se voit notifier par huissier le jugement. Il suffit qu’il ait déménagé pour que, bien évidemment, il ne reçoive pas le document. Dans ces conditions, l’intéressé est simplement inscrit dans le fichier des personnes recherchées mais on peut alors considérer qu’il n’y a à peu près aucune chance qu’il soit jamais retrouvé.

A cela s’ajoute dans notre pays l’absence d’une obligation de domiciliation comme dans d’autres pays d’Europe (ce qui explique que certains délinquants se domicilient chez leur avocat, ce qui est un comble) et les usurpations d’identité qui se multiplient, d’autant que l’état civil des ressortissants étrangers est bien souvent invérifiable.

On assiste donc à une situation ubuesque, la machine judiciaire fonctionne mais cale au moment décisif, celui où se joue précisément sa crédibilité, l’exécution des peines. Face à ce dysfonctionnement majeur, il semble régner une sorte de fatalisme ambiant.

Pour la justice des mineurs, la situation est encore pire. Un seul chiffre : 8700 mineurs déférés en 2006 au Tribunal de Paris, 10 places seulement offertes au centre éducatif fermé de Savigny-sur-Orge, unique établissement de ce genre en Ile-de-France.

Les juges pour enfants que nous avons rencontrés perdent là aussi toute crédibilité puisque, dans les rares cas où l’affaire doit se solder par un contrôle judiciaire ou des mesures de placement éducatives, le manque de moyens ou de place (travail d’intérêt général, Centre Educatif fermé) conduit au même problème : après un jugement relativement rapide (4 à 8 semaines tout de même), il s’écoule de longs mois avant que la peine puisse s’appliquer.

La protection judiciaire de la jeunesse est totalement impuissante. La chaîne judiciaire là aussi s’interrompt au jugement. On comprend dans ces conditions pourquoi le malentendu entre le législatif et le judiciaire ne peut que s’accroître.

Les parlementaires votent des lois mais ont le sentiment, face à l’insécurité persistante, que l’Institution judiciaire démissionne. De leur côté, les magistrats sont confrontés à une inflation continue de leur charge de travail à moyens constants.

La situation est donc gravissime et exige que le fossé d’incompréhension entre parlementaires et magistrats soit enfin comblé. D’un côté, il faut cesser de livrer la Justice à la vindicte de l’opinion publique. De l’autre, s’il faut effectivement augmenter considérablement les moyens de l’institution judiciaire (il faudrait en réalité les multiplier par deux), cela n’exonérera pas la magistrature d’une révolution culturelle afin que chaque maillon veille à la continuité de la chaîne judiciaire.

La grande misère de la Justice, les polémiques politiques, l’impunité des délinquants et le désarroi des victimes ne sont pas prêts de s’arrêter. Et pendant ce temps, Rachida Dati veut « accélérer » sur la réforme de la carte judiciaire, c'est-à-dire la suppression de certains tribunaux par souci d’économies budgétaires.

Pire encore, elle veut pousser les feux sur la dépénalisation des délits économiques, ce qui reviendrait à adoucir sensiblement les peines de ceux qui sont moins à plaindre que d’autres et dont le montant des malversations dépasse très souvent le prix d’une mobylette volée… Le monde à l’envers !

Décidément, l’explosion n’est pas loin.

 

Par Nicolas Dupont-Aignan

05.10.2007

Lettre ouverte au président de la République

Marianne, édition du 22 septembre 2007

Durant votre campagne présidentielle vous avez, en prononçant de très beaux discours sur la place de la France dans le monde, démenti ceux qui comme moi je le reconnais, vous taxaient d’atlantiste !

Malheureusement pour notre pays, il semblerait aujourd’hui que nous n’avions pas tort.

Le temps des discours lyriques inspirés par H. Guaino paraît déjà bien loin. Ne s’agissait-il alors que d’une posture pour endormir les Français ?

En un mois vous avez tourné le dos à près de 50 ans de politique extérieure de la France !

Depuis ce fameux déjeuner de vacances dans la résidence de la famille Bush à Kennebunkport, vos prises de position se multiplient prônant un alignement enthousiaste non pas seulement sur les Etats-Unis mais, pire, sur la politique de son Président aujourd’hui contestée par 70% des Américains eux-mêmes !

Vous êtes un homme trop avisé pour que je puisse croire à une succession de maladresses de la part de vos ministres.

  le 19 août Bernard Kouchner se rend à Bagdad sans demander le retrait des troupes américaines, ce qui sonne comme un désaveu de la politique pourtant visionnaire et courageuse de Jacques Chirac en Irak ;
  le 27 août, devant la conférence annuelle des ambassadeurs, vous subordonnez la politique européenne de défense à l’OTAN, parlant de « complémentarité » alors que la raison d’être de cette dernière a toujours été de s’y substituer. Sur l’Iran et l’Irak vous suivez les Etats-Unis.
  Sur la Turquie, dont l’intégration à l’UE est ardemment défendue par Washington, vous venez d’accepter l’ouverture de nouveaux chapitres de négociation en contradiction avec vos engagements de campagne. Au-delà de ce virage à 180°, vous avez même autorisé votre Ministre, M. Jouyet, à tester la proposition de supprimer le référendum obligatoire pour toute nouvelle adhésion à l’Union européenne ;
  trois jours plus tard les mirages français en Afghanistan sont transférés d’une base civile gérée par l’armée de l’air française à une base OTAN sous commandement américain à Kandahar ;
  le 26 juillet vous prononcez à Dakar un discours qui blesse profondément les Africains en vous livrant à une exégèse de leurs supposés défauts naturels ;
  le 11 septembre votre Ministre de la Défense appelle à ne plus, je le cite « chipoter et barguigner » avec l’Alliance atlantique. Pour la première fois sous la Vème République, un ministre de la Défense ose faire l’éloge de la soumission et de la dépendance demandant même à la France, je le cite encore, d’être « le bon élève de l’OTAN » afin « d’en tirer les bénéfices ».
  enfin, pour couronner le tout, le 16 septembre, votre ministre des Affaires étrangères se prend les pieds dans le tapis en brandissant une « vraie fausse menace de guerre » contre l’Iran, allant au-delà même de la ligne dure défendue par Washington !

Si l’on ajoute le projet de ratification du protocole de Londres sur la fin de la traduction des brevets qui sonne la mort de la langue française dans le domaine économique, on perçoit bien qu’il ne s’agit plus d’une dérive, mais bien d’une rupture aux lourdes conséquences pour la France. Une triple faute.

Faute à l’égard du peuple français à qui vous avez dissimulé cette rupture pendant la campagne et qui n’a jamais demandé de mettre fin à un consensus national bâti au fil du temps, depuis le Général de Gaulle à Jacques Chirac en passant par François Mitterrand.

Faute à l’égard du peuple américain qui, au moment où il se détache de Georges Bush et reconnaît, après l’avoir conspuée, la justesse de la position de la France, ne comprend pas votre fascination pour celui qui a menti au monde. L’exemple de Messieurs Berlusconi ou Aznar démontre, s’il en était besoin, qu’on ne gagne jamais à être le supplétif zélé d’une puissance, même amie.

Faute, enfin et surtout, à l’égard des intérêts et de l’image de la France qui bénéficie bien plus qu’on ne l’imagine du respect de peuples appréciant à sa juste valeur la liberté de parole et d’action de notre pays.

Ne voulez-vous donc pas voir, Monsieur le Président, que l’indépendance de la France est indissociable de sa vision du monde ? C’est parce que nous avons bâti notre force de frappe, déployé nos moyens et que nous sommes sortis de l’OTAN, que nous pouvons porter une vision politique originale. Et c’est aussi parce que le Général de Gaulle et ses successeurs ont anticipé le monde multipolaire du XXIème siècle, qu’ils ont pris soin de se donner les moyens de l’indépendance.

C’est cette cohérence entre nos moyens, nos intérêts et notre idéal, qui grandit notre pays et fait donc sa force.

Oui, Monsieur le Président, ce serait un comble de nous voir revenir à la politique de vassalité de la IVème République, détricotant 50 ans d’efforts alors même que les peuples ont plus que jamais besoin d’une France libre pour dessiner les contours d’un monde plus humain.

A moins de se renier, la France ne peut renoncer au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qu’elle a toujours défendu, pour les autres autant que pour elle-même.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République

Monsieur le Ministre de l’environnement, changeons les règles de l’OMC !

Intervention de NDA à la tribune de l’Assemblée, lors du débat parlementaire sur le "Grenelle de l’environnement"

 

Monsieur le Ministre,

La convocation d’une table ronde nationale où la plupart des problèmes sont posés sans tabou et où chacun peut s’exprimer, est une chose suffisamment rare pour être saluée. Vous le savez, je n’ai pas pour habitude de ménager mes critiques lorsque l’intérêt du pays me paraît menacé. C’est pourquoi, inversement, je suis d’autant plus à l’aise pour saluer le « Grenelle de l’environnement » dont vous menez avec fermeté et ouverture d’esprit les débats.

Vous semblez vouloir prendre à bras le corps le fond des choses, ce qui est à la fois louable et sage. Louable, car dans ce domaine essentiel pour notre avenir à tous la situation exige désormais des résultats rapides et concrets. Sage, car aujourd’hui les Français ne se contenteront plus de simples pétitions de principes, qu’ils sanctionneraient le moment venu avec la dernière fermeté.

Vous me permettrez donc, Monsieur le Ministre, de vous adresser tous mes encouragements pour tenir bon face aux obstacles de toute nature, aux pressions des uns ou des autres, ou alors aux gros yeux de Bruxelles qui prétendrait une fois de plus faire la leçon au peuple français, ce cancre de la classe européenne qui s’imagine parfois encore, suprême arrogance, pouvoir décider de son propre destin !

Du courage, donc, il vous en faudra pour faire avancer le développement durable dans le domaine, par exemple, des transports urbains, et encore plus pour le faire progresser non pas seulement au niveau national, mais aussi aux niveaux européen et mondial, là où précisément il prend tout son sens. Mon temps de parole étant compté, vous me permettrez de revenir rapidement sur ces deux points.

Elu francilien de la grande Couronne, la nécessité de transports écologiques et adaptés aux besoins des utilisateurs me paraît vitale. On parle beaucoup, et on a raison, de la maîtrise du trafic automobile en Ile-de-France et dans les grandes agglomérations. Sur ce point, je souhaite insister combien il est nécessaire de ne pas aborder cette question par le petit bout de la lorgnette : c’est d’une politique d’ensemble, multimodale et coordonnée entre les différentes collectivités, dont nous avons besoin.

J’entends parler, par exemple, d’une réduction de 10 km/h de la vitesse maximale autorisée sur nos réseaux routiers. Pourquoi pas, mais veillons au respect de la limitation actuelle et surtout imposons le bridage des moteurs. Pour que chacun acquitte sa part, instaurons également une éco-pastille proportionnelle à la pollution générée par les véhicules et une taxe sur le trafic poids lourd de transit, à l’instar de certains pays européens. Naturellement, l’intégralité du produit de ces taxes serait versée à un fonds national pour la création d’infrastructures durables : le ferroutage, la construction de lignes de tramway dans les villes moyennes, etc. Soit dit en passant, ainsi pourrait-on réparer la politique de Gribouille de la cession au privé de nos sociétés d’autoroute qui, faut-il le rappeler, prive la collectivité des 20 milliards d’euros pour financer les infrastructures nécessaires de ces vingt prochaines années…

Mais il faudra savoir aller jusqu’au bout de la démarche : qui dit réduction de la pollution atmosphérique, dit également développement de transports en commun dignes de ce nom : en effet, le meilleur moyen de limiter la circulation automobile n’est pas d’interdire la voiture mais d’offrir des transports en commun sûrs, ponctuels et suffisants : plutôt que d’engloutir 800 millions d’euros dans la ligne T3, n’aurait-il pas été préférable de pousser les feux du « Métrophérique » ou, plus simplement de moderniser la ligne D du RER dont l’activité représente plus de 10% du trafic national quotidien mais dont les infrastructures sont scandaleusement vétustes (certains aiguillages datent de 1927 !), les rames souvent dégradées et la fréquence de la liaison avec Paris notoirement insuffisante ?!

Comment, enfin, dénoncer la pollution automobile et ignorer à ce point la pollution générée par le trafic aérien ? Je déplore profondément, Monsieur le Ministre, que vous n’ayez jugé bon d’intégrer à votre réflexion cette problématique majeure pour toutes les zones urbaines limitrophes des aéroports. Comment admettre que l’éco-pastille ne soit envisagée que pour le trafic terrestre, alors que la pollution au kérosène constitue une cause décisive de la dégradation de la couche d’ozone ? Comment mettre de côté la pollution du bruit, qui est non seulement devenue la préoccupation majeure des riverains des aéroports mais aussi des autres habitants des grandes agglomérations urbaines ? Il y a là, Monsieur le Ministre, des lacunes que vous aurez à cœur, je l’espère et je vous y engage vivement, de combler !

Ce sont là des efforts difficiles, une politique ambitieuse, qu’il nous faudra savoir mener pour réellement relever le défi du développement durable. Mais tous nos sacrifices à l’échelle nationale seront vains, vous le savez Monsieur le Ministre, Chers Collègues, si nous n’obtenons pas des grandes puissances économiques mondiales qu’elles changent elles aussi de comportement et ce, de manière radicale.

La France devra ainsi avoir le courage de dire son fait à la Commission de Bruxelles qui veut imposer les OGM dans nos assiettes. Soit dit en passant, l’exemple des OGM doit nous alerter sur le danger du traité européen simplifié, qui aggraverait encore cette fuite en avant irresponsable dans le fédéralisme européen. Au-delà, notre pays devra aussi avoir le courage de se battre pour changer les règles de l’OMC, instaurer des droits de douane écologiques contre les produits ne respectant pas nos normes ISO (je pense à des droits de douane progressifs, augmentant de 5% chaque année en sorte d’inciter les entreprises concernées à s’adapter), créer une taxe carbone qui intègre au prix des produits importés le coût environnemental de leur acheminement, etc.

J’entends d’ici les cris d’orfraie de certains bons docteurs « ès-mondialisation heureuse », qui nous expliqueront que c’est impossible et antiéconomique. Je suis pour ma part absolument convaincu du contraire : nécessité évidente pour la sauvegarde de la planète, la régulation environnementale de l’économie mondiale pourrait constituer un sas vers la non moins nécessaire régulation économique et sociale de cette mondialisation-clochardisation déloyale, qui nous entraîne irrémédiablement sur la pente de la dépendance, de l’appauvrissement et de la régression tous azimuts.

Paradoxe qui n’en est sans doute pas un mes Chers Collègues, et j’en terminerai là, la lutte pour la sauvegarde de la planète pourrait bel et bien être une étape indispensable à un autre combat, non moins nécessaire mais hélas oublié en ces temps de retour à l’état de nature pour cause d’hyper-capitalisme sans foi ni loi : le combat pour le Progrès, matériel et moral, du genre humain.

Je vous remercie.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République

03.10.2007

EADS : DLR pour une Commission d’enquête parlementaire

Le 3 octobre 2007

COMMUNIQUE DE PRESSE

EADS : l’Etat doit reprendre la main de toute urgence

Depuis des années je réclame qu’EADS ne soit pas abandonné aux mains d’actionnaires privés.

Le gigantesque délit d’initié que vient de mettre au jour l’AMF prouve combien il est en effet hasardeux de confier des actifs stratégiques à des investisseurs par nature plus soucieux de leurs fins de mois que de l’intérêt national et de celui des salariés.

Dans ces conditions, l’idée de la création d’une Commission d’enquête parlementaire est la bienvenue et pas seulement pour faire toute la lumière sur ces agissements scandaleux. Il est de fait évident que le Parlement doit aussi réfléchir à l’avenir de l’aéronautique française et européenne, secteur vital où la puissance publique doit d’urgence reprendre la main.

Enfin, il serait juste que le produit des amendes qui seront vraisemblablement prononcées dans le cadre de ce délit soit intégralement attribué à l’entreprise, en vue d’atténuer les terribles conséquences pour l’emploi du plan de restructuration « Power 8 ».

Nicolas DUPONT-AIGNAN

Député non-inscrit de l’Essonne

Président de Debout la République

20:47 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eads, airbus, DLR

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