23.01.2008

Le grand silence...

Présentation à la presse lundi de mon livre, Le coup d’Etat simplifié, discours dans le cadre du débat sur la révision constitutionnelle à l’Assemblée Nationale mardi, je n’ai pas relâché mes efforts ces derniers jours pour alerter l’opinion sur les terribles conséquences du traité de Lisbonne et plus encore sur le viol délibéré de notre démocratie que représente la ratification parlementaire.

Nous étions peu nombreux à l’Assemblée hier soir à nous opposer à ce coup de force parlementaire, sans précédent depuis la libération.

Les interventions des orateurs de l’UMP furent stupéfiantes. Le Général de Gaulle a dû s’en retourner dans la tombe ! Les arguments les plus faux ont été utilisés pour justifier l’injustifiable : le refus de consulter le peuple par référendum. L’un d’entre eux est même allé jusqu’à invoquer Gaston Monnerville, tandis que Madame Ameline raillait dans la veine politicienne la plus petite l’action parlementaire de ceux qui demandaient un référendum ! Pour ma part, j’ai démonté un à un les arguments du Gouvernement qui n’a pas jugé bon de me répondre car, honnêtement, il n’avait rien à redire !

En vérité, à côté de celles et ceux qui ne comprennent rien à rien et qui de toute façon s’en moquent, il y avait hier les parlementaires depuis toujours fédéralistes conscients du changement de régime historique qu’entraîne la ratification du traité de Lisbonne et qui savouraient discrètement leur victoire. Et ceux, bien naïfs, qui croient encore que l’on peut d’un côté faire preuve de volontarisme politique national et de l’autre appliquer un tel traité.

Face à ce front uni, le Parti Socialiste écartelé était aux abonnés absents et seuls les communistes, quelques gaullistes et une souverainiste, ont lutté jusqu’au bout !

Côté médiatique, nous continuons à nous heurter à un mur jamais vu. A part quelques journalistes assez surpris comme nous du grand silence de la presse, l’indifférence demeure la règle. Une règle de fer ! L’un d’entre eux, assez lucide, me disait avoir été missionné pour un reportage sur le billet d’un euro proposé par Louis Giscard d’Estaing, plutôt que de parler du débat sur l’avenir de la démocratie en France ! Pendant ce temps, on entendait et lisait partout que le PS est profondément divisé, sans qu’il soit fait mention en quoi que ce soit de l’enjeu de forme et de fond que représente la scélérate ratification parlementaire…

Une autre encore m’avouait, je la cite : « Mais pourquoi en parler, les Français trouvent cela compliqué ».

Il est sûr que si les médias n’en parlent pas, personne ne s’y intéressera ! Je demande aux journalistes, aux éditorialistes que je crois honnêtes et sincères pour la plupart, d’oser enfin parler des choses importantes. L’adoption du traité de Lisbonne qui transfère des pouvoirs considérables à des organismes non élus et qui vide de sa substance notre démocratie mérite débat, à tout le moins devoir d’alerte !

D’ailleurs, les Français s’y trompent moins qu’on veut le faire croire : 70% disent leur volonté d’un nouveau référendum, mais les médias ne diffusent pas cette information malséante et la commentent encore moins…

A force d’écarter du débat tout ce qui est substantiel, essentiel, vrai, le miroir médiatique dans lequel se mirent sans complexe les élites qui nous gouvernent, se brisera avec elles. Car n’en doutons pas, on ne pourra pas continuer bien longtemps à vivre paisiblement en France dans un système aussi verrouillé, aussi oligarchique, aussi méprisant pour le peuple et l’intelligence du public. Il n’est pas d’exemple historique où les Français subissent sans se rebeller une telle charge de plomb.

Au lieu d’y prêter la main, les principaux médias, notamment la presse écrite qui connaît un désamour croissant des lecteurs, devraient se souvenir que leur audience tient avant tout à leur crédibilité face à l’opinion publique.

Par Nicolas Dupont-Aignan

01.01.2008

Très bonne année à tous !

La tradition des vœux est parfois moquée comme un exercice rituel, une sorte d’obligation collective pesante.

Cela est dommage car ce moment charnière d’une année à l’autre est l’occasion bienvenue de porter un regard renouvelé sur les êtres qui nous entourent et les évènements qui ont marqué l’année ou se profilent à l’horizon. L’occasion aussi de réfléchir ensemble à la meilleure feuille de route pour les temps à venir.

Alors permettez-moi, vous toutes et vous tous qui suivez de près ou de loin mon action politique (que vous en partagiez ou non le sens d’ailleurs), d’avoir avant tout une pensée pour vous, votre famille et vos proches.

Je vous souhaite, dans ce monde de plus en plus brutal, où l’argent roi veut tout acheter, de préserver votre cocon, de profiter de chaque instant, de bâtir votre bonheur. En un mot, d’être épanouis et sereins en 2008.

Je veux aussi souhaiter une bonne année à notre pays, la France. Une année qui s’annonce périlleuse puisque ses dirigeants, de droite comme de gauche, s’apprêtent à la conduire de force, par une révision constitutionnelle décidée par le Congrès le 4 février prochain, dans une direction que son peuple a pourtant refusé clairement par référendum le 29 mai 2005.

Manœuvre d’autant plus dangereuse que, par le Traité de Lisbonne, le peuple français – dans l’indifférence générale – risque de perdre sa souveraineté dans plus de 50 compétences clés.

Concrètement, les Français ne maîtriseront plus leur destin et verront leur démocratie se vider un peu plus de sa substance.

Le tout, bien sûr, sans aucunement renforcer la construction européenne puisque l’Union Européenne, pour être solide, doit à l’inverse s’appuyer sur les Nations et servir le progrès des peuples.

Mais, heureusement, l’histoire de notre pays a prouvé que des sursauts collectifs étaient toujours possibles.

Comme nous le savons tous, la braise du sentiment national et républicain couve sous la cendre et ne manquera pas, un jour, de rallumer le feu. A nous de tout faire pour en accélérer l’échéance.

Dans l’attente, formons le vœu qu’en 2008 les peuples d’Europe refusent cette dangereuse façon de construire l’Europe et préparent un nouveau projet.

Formons le vœu aussi que le peuple français ne soit plus dupe de la politique spectacle et ouvre les yeux sur la démission de ses dirigeants.

Formons le vœu que nous soyons en mesure de bâtir l’alternative politique conforme à cette certaine idée de la France républicaine, patriote et sociale, qui nous rassemble.

Formons le vœu enfin que notre pays conserve son indépendance et continue d’incarner dans le monde la voix de la liberté des peuples, de la justice sociale et de la protection de la planète.

Par Nicolas Dupont-Aignan