23.10.2009

Quand les parlementaires européens défendent les citoyens avant les élections et s’en moquent après !

Inimitable Union Européenne… Quand on lui dit non, on doit revoter jusqu'à ce que oui s’ensuive (c’est le cas de l’Irlande), ou on passe outre (c’est le cas de la France ).

Quand, au Parlement européen, un amendement est favorable aux citoyens (l’amendement 138 qui interdit la fameuse riposte graduée au niveau européen), on le rediscute jusqu'à le vider de sa substance. C’est exactement ce qui est arrivé hier.

Désormais plus rien n’empêche l’adoption de textes « type HADOPI 1 » en Europe.

L’avenir des libertés numériques devient très sombre en Europe avec cette trahison des eurodéputés. Il se dessine au mieux un Internet à l’australienne, démocratie sous surveillance où les courriers électroniques sont ouverts, lus, et filtrés par une autorité administrative de type HADOPI, et au pire un Internet à la chinoise.

La trahison des députés européens qui viennent de renier ainsi leur propre vote (l’amendement 138 avait été voté, pour la seconde fois il y a seulement 6 mois), prouve que l’adoption de l’amendement en question s’est produite à l’époque de façon parfaitement cynique avant les élections, comme je l’avais déjà souligné d’ailleurs.

Comment l’eurodéputée socialiste, Madame Trautmann, ose-t-elle solliciter le suffrage de ses concitoyens sur une position claire avant les élections, et en adopter une autre après ? Comment peut-elle, en tant que rapporteur du texte et à 6 mois d’intervalle, soutenir l’amendement 138, puis le vider de son sens ? La seule chose que l’on peut dire c’est qu’on connait maintenant la période de péremption de sa parole : 24 semaines.

Quant au PS, quelle est sa position sur HADOPI et la riposte graduée ? Difficile à dire : contre à l’Assemblée Nationale, c’est certain. Mais ils sont pour au Sénat. Au Parlement européen ils sont contre avant les élections, et pour après !

Remarquons, en passant, qu’au niveau européen les députés du PS qui font leur travail sont soit dirigés vers la sortie (c’est le cas de Guy Bono co-auteur de l'amendement 138), soit positionnés dans les listes pour au final être inéligibles afin de laisser la place à des apparatchiks bien inertes - évidemment à l’UMP c’est différent, la sélection se faisant au mérite !

Moralité : il ne faut pas caricaturer l’UE comme le font certains grincheux qui la comparent à la défunte Union soviétique… En URSS les dissidents disparaissaient, en UE ils sont juste écartés, voilà qui est tout de même, chacun en conviendra, plus sympathique !

Par Nicolas Dupont-Aignan

18.12.2008

Présidence française de l'Union européenne : tout en com et en strass...

La conclusion de la Présidence française de l’Union européenne donne lieu à un nouvel exercice d’autosatisfaction du Président de la République, largement relayé par les observateurs.

Mais, si l’on creuse un peu, on s’aperçoit une fois de plus que la forme l’emporte sur le fond, l’image sur la réalité, le faire-savoir sur le savoir-faire. En vérité, le style Sarkozy tombe à pic pour les défenseurs d’une Union européenne en lambeaux.

L’activisme du Président permet aux oligarchies européennes de continuer à se voiler la face malgré les échecs avérés de leur construction baroque.

L’accord obtenu à l’arraché sur le « paquet » énergie/climat, est-ce vraiment un succès éclatant, ou une timide avancée ?

Au bénéfice du doute, observons qu’il s’agit d’un compromis passable qui aura peut-être le mérite d’enclencher un processus à plus long terme.

Mais c’est dans le domaine financier et économique que le décalage entre les discours et les actes est le plus saisissant. La montagne médiatique a accouché d’une souris. La réactivité reconnue sur la crise des banques n’a malheureusement donné lieu à aucun équivalent en matière de plan de relance, l’Allemagne refusant d’avancer et bloquant tous les autres, à commencer par la France. La Banque centrale européenne a baissé ses taux d’intérêts trop tard et trop peu. L’euro reste largement surévalué pénalisant un peu plus nos exportations et mettant en grand péril notre tissu industriel.

Le libre échange intégral pénalise en premier l’Union européenne. Les banques ont été aidées sans aucune contrepartie. La zone euro s’enfonce dans la récession quand la Grande Bretagne organise la dévaluation compétitive de sa monnaie comme la plupart des autres pays du monde.

Enfin, sur le plan institutionnel, le beau discours sur la marginalisation de la Commission et le retour des Etats n’est qu’illusion. Le Président de la République, fidèle serviteur du rouleau compresseur supranational, a obligé le gouvernement irlandais à organiser un nouveau référendum d’ici à l’automne 2009. La Constitution européenne bis qui enfermera les Etats dans un système sans contrôle démocratique est, hélas, à nos portes, après avoir piétiné ce qu’il y a de plus sacré : le suffrage universel. Seuls les Irlandais peuvent désormais empêcher l’irréparable et chaque Européen, chaque démocrate, doit les y aider.

Sérieusement, qui peut parler d’un bon bilan pour les peuples d’Europe niés dans leur vote, souffrant de la pire récession depuis la seconde guerre mondiale ? La Présidence Sarkozy, en vérité, n’aura donné qu’un répit de plus à cette mauvaise Europe qui a dénaturé l’indispensable et belle idée européenne. Ce feu de paille, tout en com et en strass, n’aura illusionné que les habituels spectateurs complaisants de la mauvaise comédie européenne…

Les élections du 7 juin prochain seront l’occasion pour les électeurs de reprendre la main.

Par Nicolas Dupont-Aignan

20.09.2008

Philippe de Villiers veut rassembler les souverainistes, je veux rassembler la France du 29 mai 2005

A l’occasion des Universités de rentrée du Mouvement pour la France, beaucoup m’interrogent sur les appels du pied de Philippe de Villiers à DLR pour la constitution de listes communes en juin 2009.

Au risque de décevoir les amateurs de « tambouille » électorale, à quoi servirait de vouloir rééditer 1994, 1999 et 2004 ?

Les Français ne veulent plus du folklore « euro ronchon ». Ils ne sont plus dupes des critiques des traités européens par ceux qui ensuite, une fois passées les élections, soutiennent les chefs d’Etat qui les ont signés.

Les temps ont radicalement changé. Un évènement majeur a eu lieu le 29 mai 2005, 55% des Français ont voté NON à la Constitution européenne. Quand comprendra-t-on que l’enjeu d’aujourd’hui n’est pas de mobiliser des souverainistes pour en faire « le flotteur droit » de Nicolas Sarkozy, mais de rassembler les Français autour d’un vrai projet de coopération européenne entre des nations respectées et maîtresses de leur destin.

L’élection européenne de juin 2009 est l’occasion historique de s’adresser à 16 millions de Français qui ont voté NON, sans oublier tous ceux qui regrettent d’avoir voté oui, et ont été trahis lors de la ratification parlementaire du traité de Lisbonne. Nos concitoyens attendent désormais le plan B, seul capable de réconcilier l’idée européenne avec les Nations.

Pour ce faire, comme je vous l’ai indiqué dans mon discours de clôture des Universités de rentrée de Debout la République, il faut un grand rassemblement des républicains de droite comme de gauche. C’est à cette condition seulement que nous seront capables de convaincre les Français qu’une autre Europe est possible. Lors du Congrès fondateur de DLR, le 23 novembre prochain à la Mutualité, je présenterai les grandes lignes de ce projet. Alors, toutes celles et tout ceux qui s’y reconnaissent pourront, d’où qu’ils viennent, nous rejoindre.

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01.09.2008

Pour une Europe que nous choisirons !

Debout la République lance une souscription nationale afin de pouvoir présenter dans toute la France des listes républicaines de large rassemblement aux élections européennes de juin 2009.

Euro cher, délocalisations, concurrence déloyale, régression sociale, soumission aux Etats-Unis, mépris du suffrage universel… l’échec des partisans de la supranationalité est flagrant et sans appel.

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Seul un projet véritablement Républicain pourra changer l’Europe et bâtir une union durable et légitime entre ses membres. C’est là, tout le sens de notre combat.

Les élections européennes sont le rendez-vous que nous ne pouvons pas manquer. Aidez-nous en participant à cette souscription nationale afin de bâtir l’Europe tant attendue par les peuples : une Europe confédérale, démocratique, indépendante et qui protège ses citoyens, non les intérêts d’une caste de nantis.

Il est encore temps de sauver la belle idée européenne.

Alors arrêtons de subir et reprenons notre destin en main ! Aidez Debout La République à changer d’Europe !

09:28 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, dlr

12.04.2008

Nos jeunes ne sont plus dupes, mais il leur faut encore croire en l'avenir !

Il est déjà tard. Je reviens de Rennes où j’ai participé, avec Elisabeth Guigou, à un débat à l’Institut d’Etudes Politiques sur l’avenir de l’Europe.

L’amphi était plein à craquer. Les questions furent très nombreuses. Dans ce milieu réputé très acquis au fédéralisme pur et dur, j’ai perçu un vrai doute sur l’Union européenne. Elisabeth Guigou a été sérieusement chahutée sur son refus du référendum. Son catéchisme sur l’Europe sociale n’a pas vraiment convaincu les étudiants.

Les résultats de la dégringolade économique - euro cher, délocalisations, moins disant social - commencent à ouvrir les yeux des plus europhiles.

Les jeunes doutent, c’est clair. Ce n’est pas d’ailleurs une vraie surprise : lors du référendum de 2005, contrairement à celui de 1992, ce sont les jeunes qui ont voté non.

Pour autant, ces jeunes de Sciences Po m’ont paru incapables d’imaginer un volontarisme politique national et européen comme s’ils avaient baigné depuis toujours dans l’esprit de résignation. L’un d’entre eux, l’air triste, m’a dit à la fin : « Mais que peut-on faire ? Nous sommes tout petits ». Oui, cette triste rengaine de la France trop petite a porté tel le ver dans le fruit. Ces étudiants, pourtant en cursus à Sciences Po, ne pensent pas qu’un pays comme le nôtre puisse encore maîtriser notre destin. Mais si la jeunesse de la 5ème puissance mondiale ne croit plus en la capacité du politique de bâtir un monde meilleur, que peut donc bien dire celle des autres pays !

En vérité, le mythe de substitution européen et l’inaction des élites nationales participent de la même démission collective. Et j’ai envie de dire à cette jeunesse qui voudrait bien croire mais cède au désenchantement, voire à la résignation : ne cédez plus car vous donnez raison à ceux qui en haut lieu ne cessent de vous décourager pour pouvoir se dire indispensables et asséner leurs politiques injustes ! Souvenez-vous de ce que disait de Gaulle à propos du doute, « ce cancer de l’âme » ! Ressaisissez-vous, l’Histoire est toujours en marche, elle est seulement confisquée par ceux qui ont intérêt à la faire sans vous, à transformer le peuple en une plèbe de consommateurs résignés, à vous priver de votre qualité de citoyen, c'est-à-dire d’homme libre et responsable. Alors c’est vrai, le succès n’est jamais garanti lorsqu’on agit, mais soyez sûrs que sans volonté le pire est toujours au rendez-vous…

A cet égard, je ne regrette pas un instant d’avoir voté la motion de censure. Car comment imaginer construire une défense européenne en acceptant d’emblée de la placer sous la tutelle, même implicite, des Etats-Unis ? Contresens total, dans la mesure où la défense ne peut être qu’au service des valeurs, des intérêts supérieurs de ceux qui la financent et surtout de ceux qui risquent leur vie pour elle.

C’est pourquoi l’engagement supplémentaire de soldats français en Afghanistan, sans aucune révision de la gestion du conflit sur place, prouve que le Président est déjà dans la logique d’allégeance aux Etats-Unis : il engage la France dans une guerre qui ne peut être aujourd’hui la sienne, comme le démontre la manière catastrophique dont elle est menée. C’est précisément ce qu’avait toujours refusé le Général de Gaulle, à très juste titre. Servirait-il à quelque chose de suggérer au président de la République la lecture du discours de Phnom Penh ?

Souhaitons surtout que le gouvernement n’ait pas bientôt à se rendre sur le tarmac de nos aéroports pour rendre les honneurs à de nouvelles dépouilles de nos soldats, sacrifiés dans ce guêpier absurde ! S’il devait hélas en être ainsi, je doute que la majorité parlementaire, oublieuse de la leçon d’indépendance du Général de Gaulle, soit aussi enthousiaste que pendant le discours du Premier Ministre !

En vérité, la France ne pourra se redresser que lorsque l’on lui présentera un discours d’indépendance, d’effort et de coopération avec ses voisins. Cela signifie une autre politique nationale, une autre politique européenne. A nous de préparer l’une et l’autre. Les évènements, quant à eux, se chargeront d’accélérer la décomposition politique française pour passer, enfin, à une nouvelle étape.
Par Nicolas Dupont-Aignan