11.04.2008
OTAN : l'erreur de Bayrou, l'audace de Dupont-Aignan
Le premier ne risquait rien à voter la motion de censure. Il ne l'a pas fait. Le second risque des représailles de l'UMP, il l'a votée. La politique est parfois bien étrange...
Une motion quasi-gaulliste
La logique voulait que Bayrou et Dupont-Aignan votent la motion de censure déposée par les socialistes à l'Assemblée nationale le 8 avril, d'autant que celle-ci reprenait quasiment les termes de l'appel de Marianne, étant rédigée dans des termes presque gaulliens, compatibles avec la droite et le centre républicains : «Nous voulons éclairer les Français sur la dangereuse rupture que sont en train d'opérer le président et son gouvernement avec le consensus national qui prévalait sur les principes d'indépendance militaire et stratégique de notre pays.» (…) « L'ouverture de négociations sur le retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan, la compréhension affichée envers la funeste intervention américaine en Irak, le discours prononcé par le chef de l'Etat devant le Congrès américain ont posé les jalons d'un alignement atlantiste global dont nous récusons la pertinence et l'opportunité pour notre pays.» On a même entendu le très peu gaulliste Nöel Mamère tonner dans l'hémicycle : «On aurait presque envie de dire : MM. Chirac et Villepin, revenez, ils sont devenus fous!»
Un argumentaire peu convaincant
Or Nicolas Dupont-Aignan a voté cette motion tandis que François Bayrou s'abstenait. Un vote inversement proportionnel au risque que comportait ce vote : nul pour François Bayrou, que Nicolas Sarkozy continue de considérer comme un ennemi prioritaire, et conséquent pour Dupont-Aignan, qui appartient à la majorité. Le silence assourdissant d'un Philippe de Villiers ou d'autres députés supposés de sensibilité gaulliste, qui ont voté contre le motion de censure, confirme d'ailleurs l'audace de NDA. Par contraste, celle-ci souligne l'erreur de François Bayrou, qui prend, lui, le risque de n'être compris ni de ses électeurs, aujourd'hui majoritairement opposants au régime, ni de ses militants (voir l'article d'Anna Borrel). Certes, le leader du MoDem a fourni une explication à sa décision en regrettant que les socialistes aient «mélangé» deux sujets, l'OTAN et l'Afghanistan qui, dans son esprit, ne devaient pas l'être, affirmant même qu'il aurait voté la motion si elle n'avait porté que sur l'OTAN. L'argument ne convainc guère à la lecture de la motion de censure qui dénonce globalement le risque d'une dérive atlantiste du régime : la question de l'Afghanistan y est presque secondaire.
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28.03.2008
Afghanistan : ou s’arrêtera la dérive atlantiste de Nicolas Sarkozy ?
Nicolas SARKOZY à Londres : le bon petit soldat de Georges BUSH
En annonçant depuis l’étranger la relance de l’intervention militaire française en Afghanistan, Nicolas SARKOZY rompt tous les usages et aggrave dangereusement la dérive atlantiste de la diplomatie française.
C’est bien sûr un camouflet infligé aux Français eux-mêmes, qui étaient en droit d’attendre que cette question, qui les concerne au premier chef, soit lancée et débattue au Parlement. Ensuite, cette annonce est d’autant plus choquante qu’elle a été faite en Grande-Bretagne, alliée indéfectible des Etats-Unis en Europe, ce qui lui donne presque les allures d’un alignement, pour ne pas dire d’une allégeance.
On a affaire à un double reniement :
reniement de la promesse d’entre-deux-tours faite par le candidat SARKOZY, qui a déclaré le 26 avril 2007 qu’il « poursuivrait la politique » de rapatriement des forces françaises d’Afghanistan, engagée par Jacques CHIRAC.
Reniement de la diplomatie pluriséculaire de la France, traditionnellement réfractaire aux logiques de blocs impérialistes, que la Vème République du Général de Gaulle et de ses successeurs a toujours portée.
La France n’a rien à gagner et tout à perdre si elle joue les bons petits soldats de l’OTAN dans les conflits hasardeux voulus par Georges BUSH. A quelques jours du sommet de Bucarest, où il est hélas question de la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, il est impératif que le président de la République rende des comptes au peuple français sur sa politique étrangère.
Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République
08:00 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, atlantisme, bush, otan, londres




