15.11.2009
Sarkozy, faux-monnayeur de l’identité nationale
Etre attaché à l’identité nationale et soutenir Sarkozy, cela fait penser à un crocodile qui entre dans une maroquinerie.
Pendant la campagne présidentielle de 2007, Internet m’a permis d’écouter une bonne quinzaine de discours de Nicolas Sarkozy, prouvant à la fois mon masochisme et ma nostalgie des vieux discours écrits par Henri Guaino pour Séguin en 1992 et pour Chirac en 1995. C’est pourquoi, en écoutant des extraits de celui prononcé par le Président de la République à La Chapelle en Vercors, je n’ai pas eu de peine à y reconnaître les différentes thématiques qu’il utilisait à l’hiver et au printemps 2007. Parmi celles-ci, notamment l’autorité et le travail, l’identité nationale figurait déjà en bonne place. Parce que je connais Nicolas Sarkozy depuis vingt ans, je n’étais déjà pas dupe à cette époque, ce qui m’avait conduit à ne pas lui accorder mon suffrage ni au premier tour, ni même au second. Mais alors que je ne souhaitais pas tomber dans le piège grossier du Président de la République, en me soumettant à son agenda1, l’intérêt néanmoins légitime des Français sur le thème de la Nation me pousse à le faire, ainsi que le pitoyable bilan du Président de la République dans ce domaine.
Je me souviens que, lors du débat référendaire de 1992 à propos du Traité de Maastricht, le Premier Ministre Feu Pierre Bérégovoy, poussé dans les cordes par la montée du NON, avait lâché à la télévision quelque chose du genre :” Il ne faut pas avoir peur ; nous garderons notre identité ; nous conserverons nos coutumes”. A ce moment précis, je l’avoue, je n’ai pas eu un a priori très favorable face à cette notion d’identité. Béré l’a servie à mon jeune esprit -j’avais vingt ans à l’époque- comme ce qu’il reste quand on a vidé le pays de toute sa souveraineté. En écoutant cette phrase maladroite, je m’imaginais en costume folkorique. Mes vingt ans me faisaient exagérer la situation. Là preuve, il nous restait quelques pans de souveraineté puisque nous en avons lâché encore à Amsterdam et à Lisbonne. Mais à quoi bon glorifier l’histoire d’une nation si on la prive de sa Liberté et de son avenir en tant qu’Etat souverain ? C’est la réduire à une nostalgie. En imposant le Traité de Lisbonne, Nicolas Sarkozy a, lui aussi, participé à ce démantèlement. Il avait d’ailleurs voté OUI à tous les traités antérieurs. Mais il y a ajouté une petite touche personnelle en passant par dessus bord, non pas seulement la souveraineté nationale, mais aussi la souveraineté populaire, en rayant d’un trait de plume le vote de ses concitoyens trois ans plus tôt. Le respect de la démocratie et surtout de la démocratie exprimée directement par le Peuple n’est pas étranger à notre identité nationale, ce que semblent avoir oublié tous les parlementaires qui ont participé à cette forfaiture le 4 février 2008.
Souveraine, la France ne souhaitait pas l’être seulement par goût de la Démocratie, même si cette raison se suffit largement à elle-même. Elle le désirait aussi par souci d’indépendance et par vœu d’originalité dans le concert des nations. De Philippe-Auguste à Charles de Gaulle en passant par François Ier, la volonté de ne point s’aligner sur les empires ou les blocs demeura le fil conducteur d’une diplomatie réussie. Lorsqu’à l’automne 2006, Nicolas Sarkozy, ministre de la République, fustigea l’arrogance de son pays à New-York, il manqua à la loyauté due à la France par un citoyen et, circonstance aggravante, par un membre du gouvernement. Il tourna le dos à l’Histoire de France à laquelle était fidèle la position française sur le dossier irakien et il nia ainsi l’identité nationale. C’est en toute logique qu’élu président, il entreprit le retour de notre pays dans le commandement intégré de l’OTAN et ajouta ainsi quelques pelletées de terre supplémentaires sur l’identité française.
L’originalité de la France tient aussi au concept de Laïcité. La loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 ayant réussi à trouver cet équilibre tant recherché pendant des siècles émaillés par les guerres de religion, notre pays se félicitait légitimement de sa laïcité, laquelle avait fini par intégrer son identité. Et voilà qu’un Président de la République venait qualifier les cent dernières années de “négatives” en souhaitant l’avènement sous son mandat d’une laïcité “positive”. Certes, ceux qui avaient lu son livre “la République, les religions, l’espérance” le savaient déjà et ceux qui l’avaient vu s’opposer à la loi de 2003 sur les signes religieux à l’Ecole en avaient aussi une petite idée. Aussi bien lors de son discours de Latran, qu’en donnant raison à Barack Obama sur le voile islamique, ou en ne se prononçant pas, bien que se disant opposé à elle, pour une loi sur l’interdiction de la Burqa au mois de juillet dernier2, il avait aussi démontré que sa “laïcité positive”, c’était surtout beaucoup moins de laïcité. Le voir aujourd’hui fustiger la burqa dans le Vercors ne peut être autrement interprété que comme un opportunisme. Il faut bien que les sondages payés à prix d’or à Buisson servent à quelque chose. Mais là aussi, il y a les discours, et il y a les actes.
L’identité nationale, c’est aussi une Culture et une Langue. En ratifiant le protocole de Londres, lequel donne force juridique à des documents3 rédigés dans une autre langue que la nôtre, en estropiant avec une constante régularité la langue de Molière, en moquant le combat des souverainistes québecois, il a donné des coups très durs à la langue française, et à la position de celle-ci en France et dans le Monde. En déclarant que les candidats aux concours administratifs de catégorie A ne devaient pas rencontrer La Princesse de Clèves, en souhaitant que la culture générale déserte les concours de catégorie B et C, il méprise la Culture française. Il faut noter à ce sujet qu’on rejoint le sujet du communautarisme puisque cette dernière mesure a été salué par le C.R.A.N4. Avec Sarkozy, on flatte les communautés, on loue le modèle anglo-saxon, on révère la discrimination positive qui aurait été inscrite dans la Constitution sans la vigilance de Simone Veil.
Il est pour le moins paradoxal de constater que si la fonction de Président de la République consiste bien à être, notamment, garant de l’identité nationale, l’homme Nicolas Sarkozy reste bien, en revanche, le moins bien placé pour en parler. Le voir, une fois de plus, enfourcher ce thème relève de l’imposture, du trafic de valeurs, du faux-monnayage. Qu’il me soit permis de reprendre un bon mot de Coluche5 et d’écrire qu’être attaché à l’identité nationale et soutenir Sarkozy me fait bigrement penser à un crocodile poussant la porte d’une maroquinerie.
- C’est la première fois depuis trois mois qu’il reprend la main sur l’agenda médiatique ↑
- Les services de police sortant opportunément, au mois d’aout, le nombre de trois cents voiles intégraux sur tout le territoire national, ce qui minimise de manières mensongère et scandaleuse le phénomène, au grand plaisir de Monsieur Besson qui s’était opposé à une Loi ↑
- Des brevets, en l’occurrence. ↑
- Comité représentatif des associations noires ↑
- Qui évoquait à cette occasion les chômeurs se rendant dans les bureaux de vote. ↑
11:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, politique, identité, nationale, ariège
17.10.2009
Loin des polémiques parisiennes, la réalité de la crise
Je souhaite aujourd’hui vous livrer une dépêche de l’AFP qui fait froid dans le dos : elle énumère les principaux plans sociaux qui ont frappé l’industrie française depuis un an.
Industrie: les principaux plans sociaux annoncés en France depuis un an -
13/10/2009 14h49 GMT INDUSTRIEGOUVERNEMENTSOCIALEMPLOI Nouvelles de France AFP
PARIS, 13 octobre 2009 (AFP) Plans sociaux, fermetures d'usines ou liquidations d'entreprises se sont succédé en France depuis un an.
Voici la liste non exhaustive des principales annonces. Cette liste ne prend pas en compte d'éventuels reclassements des employés
concernés.
AUTOMOBILE (constructeurs et équipementiers)
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* RENAULT: plan de 4.400 "départs volontaires" et suppression de 900 emplois dans des filiales
* PSA PEUGEOT CITROËN: "départs volontaires" souhaités pour 3.550 salariés
* VALEO: plan de 1.600 suppressions d'emplois
* FAURECIA: plan de 1.215 suppressions d'emplois entre 2009 et 2011
* NEW FABRIS: entreprise liquidée à Châtellerault (Vienne, 366 salariés)
* MICHELIN: plan de suppression de 1.093 emplois. Fermeture de l'usine de NoyelleslèsSeclin (Nord, 276 salariés)
* GOODYEAR: plan de suppression de 820 emplois sur 1.400 dans l'usine d'AmiensNord. Ce plan a été suspendu par le TGI de Nanterre
fin août
* CONTINENTAL: fermeture de l'usine de Clairoix (Oise, 1.120 salariés)
* SEVELNORD (filiale de PSA Peugeot Citroën et Fiat): 350 "départs volontaires" à Hordain (Nord)
* PEUGEOT MOTOCYCLES: 250 emplois supprimés à Mandeure (Doubs) et Dannemarie (HautRhin) sous forme de départs volontaires
* PLASTIC OMNIUM: fermeture de l'usine de SaintRomain de Colbosc (SeineMaritime, 220 emplois)
* TYCO ELECTRONICS: fermeture des usines de Chapareillan (Isère) et ValdeReuil (Eure), 620 salariés
* FULMEN: fermeture de l'usine d'Auxerre (Yonne, 314 salariés)
* LEAR: fermeture de l'usine de LagnyleSec (Oise, 300 salariés)
* SUDRAD ROUES: liquidation de l'entreprise de Soultzmatt (HautRhin, 147 salariés)
* WAGON AUTOMOTIVE: redressement judiciaire. Certains sites ont été repris par la Financière Snop Dunois (FSD) et le groupe Defta,
qui devraient reprendre environ 1.250 emplois sur 1.700
* TREVES: plan de plus de 600 suppressions de postes. Fermeture des usines de CrépyenValois (Oise) et Aÿ (Marne)
* MOLEX: plan de licenciement des 283 salariés de VillemursurTarn (HauteGaronne). L'usine doit être reprise avec une quinzaine de
salariés par le fonds d'investissement américain HIG
* RENCAST (siège à Bron, Rhône): liquidée, l'entreprise qui employait 850 salariés est reprise par le groupe français GMD avec 565
salariés
* SKF: fermeture du site de FontenayleComte (Vendée, 380 salariés)
* CATERPILLAR (engins de chantier): 600 emplois supprimés (733 initialement prévus)
SIDERURGIE, METALLURGIE, ENERGIE
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* RIO TINTO (exAlcan Pechiney): 680 suppressions de postes (dont 450 CDD non renouvelés) annoncées en janvier, puis nouveau plan
de 350 suppressions d'emplois annoncé le 13 octobre
* TOTAL: 555 suppressions d'emplois
* ARCELORMITTAL: plan de 1.400 départs volontaires
* COKES DE CARLING: fermeture de la cokerie de Carling (Moselle, 400 salariés)
* SAINTJEAN INDUSTRIES: liquidation de la fonderie de Vénissieux (Rhône, 108 salariés)
* SIEMENS METALS TECHNOLOGIES (équipement pour la sidérurgie): fermeture de l'usine de SaintChamond (Loire, 274 salariés)
* REXAM (canettes): fermeture de l'usine de Gravelines (Nord, 139 salariés)
* CHAFFOTEAUX ET MAURY: plan social prévoyant 207 suppressions d'emplois
CHIMIE, PHARMACIE, COSMETIQUES
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* BUDELPACK (cosmétiques): liquidation de l'entreprise située à Lièpvre (HautRhin, 118 salariés)
* CELANESE (chimie): fermeture de l'usine de Pardies (PyrénéesAtlantique, 350 salariés)
* SANOFIAVENTIS (pharmacie): plan de suppression de 927 emplois
* GLAXOSMITHKLINE (pharmacie): suppression de 850 emplois, dont 798 à Evreux (Eure)
* PFIZER (pharmacie): plan de départ de 700 salariés
* BRISTOLMYERSSQUIBB (pharmacie): fermeture des usines d'Epernon (EureetLoir, 223 salariés) et de Meymac (Corrèze, 162 salariés)
ELECTRONIQUE
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* SONY: fermeture de l'usine de Pontonxsurl'Adour (Landes, 311 salariés), qui pourrait être cédée à Solarezo (énergies renouvelables)
* NEC COMPUTERS: plan de 387 suppressions de postes dont 337 à l'usine d'Angers, où seule une équipe technique de 28 personnes
devrait rester
* HEWLETTPACKARD: plan de 540 suppressions de postes
* FM LOGISTIC: fermeture du site de Woippy (Moselle, 489 salariés)
* PHILIPS EGP (écrans plasma): fermeture de l'usine de Dreux (EureetLoir, 212 salariés)
* ASTEEL TECHNOLOGIE: liquidation. Douarnenez (Finistère, 134 salariés)
AUTRES SECTEURS
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* MANUFACTURE FRANCAISE DE SIEGES: liquidation. BerteaucourtlesDames (Somme, 352 salariés)
* CAUVAL INDUSTRIES (matelas): plan de suppression de 307 emplois
* PAPETERIE ETIENNE: fermeture de l'usine d'Arles (BouchesduRhône, 110 salariés)
* SCHWEITZERMAUDUIT (papier): fermeture du site de Malaucène (Vaucluse, 211 salariés)
* ISOROY (bois): fermeture des usines de Chamouilley (HauteMarne) et Châtellerault (Indre), 187 salariés
* BEAULIEU INTERNATIONAL GROUP (textile): fermeture des usines de Comines (Nord) et Douvrin (PasdeCalais), 344 salariés
* NEXANS (câbles): plan de 387 suppressions de postes. Fermeture du site de Chauny (Aisne, 220 personnes)
* SCHNEIDER ELECTRIC (matériel électrique): 264 (direction) à 650 postes (syndicats) "menacés"
* ROSSIGNOL (équipement sportif): 275 postes supprimés
* BENETEAU (construction navale): plan de 600 suppressions d'emplois
mdm/ds
Voici la réalité crue. Les quatre causes majeures de la désertification industrielle ne sont pas traitées, par résignation ou complaisance.
Euro surévalué, libre échange intégral, charges trop lourdes sur la production nationale et marché du crédit aux PME asséché par des banques renflouées par l’argent public sans réelles contreparties (en attendant de nouveaux scandales liés à leurs rémunérations internes, comme hier à Wall Street), sont les vrais fléaux que le gouvernement laisse prospérer avec les résultats fatals que l’on connaît.
Comment s’étonner que les Français soient d’autant plus vent debout face à des polémiques qui dénotent une perte totale des valeurs au plus haut sommet de l’Etat, alors même que leurs difficultés restent sans remède ?
07:01 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, politique, dlr, ariège, dupont-aignan
16.10.2009
"L’effort économique à fournir devra s’accompagner d’une vraie justice sociale. Nous en sommes loin !"
« Les Français ne supporteront bientôt plus le pouvoir sarkozyste »
Libération, jeudi 15 octobre 2009 - Interview - Propos recueillis par Christophe Forcari
La candidature de Jean Sarkozy à la tête de l’Etablissement public d’aménagement de la Défense (Epad) n’a pas été digérée à droite. Mais rares sont ceux qui osent le dire. Au gouvernement, seule Rama Yade admet que le climat est mauvais. Ainsi que l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Député (non-inscrit) de l’Essonne, Nicolas Dupont-Aignan, qui a quitté l’UMP début 2007, peut se permettre de dire tout haut ce que nombre de ses ex-collègues pensent tout bas.
En soutenant les ambitions de son fils, Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas tiré une balle dans le pied de la droite ?
Nicolas DUPONT-AIGNAN : il est carrément en train de scier la branche sur laquelle il a été élu. Il a porté pendant sa campagne un certain nombre de valeurs comme le mérite, le travail, qui sont aujourd’hui battues en brèche dans l’exercice du pouvoir. Son attitude brise le pacte républicain. Beaucoup de gens rejoignent aujourd’hui notre mouvement Debout la République, choqués par la nomination de Jean Sarkozy, et ils viennent pour la plupart de l’UMP. Dans son électorat, la désillusion à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la hauteur des espérances suscitées.
Avec cette affaire et la polémique sur Frédéric Mitterrand, l’UMP ne tourne-t-elle pas le dos à son électorat ?
C’est une certitude. Cette inversion de valeurs n’est pas nouvelle. Depuis l’élection du président de la République, nous assistons à une vraie rupture : la dévalorisation de la fonction présidentielle. Nicolas Sarkozy agit avec la plus grande désinvolture, non seulement à l’égard du Premier ministre, mais aussi des parlementaires et surtout des Français. Dans la Ve République, le Président dispose de grands pouvoirs qui exigent de lui, en contrepartie, une rigueur et une exemplarité irréprochables. Sinon le risque d’une dérive vers un pouvoir personnel est grand. C’est le cas aujourd’hui. Le double langage est permanent. Les actes sont totalement contradictoires avec les intentions affichées. Trois exemples. Le président de la République a fait de la sécurité son fonds de commerce ; mais on réduit les effectifs dans les commissariats. Sur la régulation du capitalisme, il prône le retour du volontarisme public en économie - que je défends -, mais il donne de l’argent aux banques sans les contrôler. Il se fait le héraut du mérite au lycée, mais il organise l’arrivée de son fils à la tête de l’Epad. Cette schizophrénie ne peut pas durer.
Comment jugez-vous le manque de réactions des députés UMP ?
Un système de parti unique a été mis en place, d’où sont écartées les personnalités les plus fortes et celles qui réfléchissent. On ne peut pas attendre de leur part la dénonciation d’un système qui les nourrit. Je suis pourtant impressionné par le nombre de mes collègues qui se rendent compte des dérives et s’inquiètent de l’impasse économique et sociale dans laquelle le pays est entraîné. Quelques-uns tentent de résister à leur façon, mais la plupart n’osent pas franchir le Rubicon comme je l’ai fait en 2007, en dénonçant le candidat du show-biz, de la frime et du fric. Les parlementaires UMP évolueront le jour où ils auront le sentiment qu’une alternative à droite peut gagner. Je suis convaincu que les Français ne veulent pas du retour de la gauche et qu’ils ne supporteront bientôt plus le pouvoir sarkozyste. Il faut s’organiser pour préparer la suite.
Jean-François Copé pourrait incarner cette alternative à droite ?
J’ai l’impression qu’il mise plutôt sur 2017 que sur 2012. La question n’est pas de remplacer une personne par une autre, aussi brillante soit-elle. L’enjeu est de changer radicalement de politique. Malgré les beaux discours, ce gouvernement est en train d’échouer. Il ne remet pas en cause un système mondialiste de libre-échange intégral suicidaire pour nos emplois, un euro surévalué par rapport au dollar et une oligarchie bancaire étouffante pour nos PME. Tant que nous ne nous attaquerons pas aux causes du chômage, nous ne résoudrons rien.
Cette situation peut-elle nourrir un retour du FN ?
Si une droite républicaine et sociale n’émerge pas rapidement, un retour de l’extrémisme est à craindre. Beaucoup se sentent orphelins d’un vrai rassemblement gaulliste.
En intégrant la majorité présidentielle, Philippe de Villiers vous a dégagé le terrain du souverainisme ?
Ce n’est pas seulement la question de la souveraineté de la France qui est en jeu, mais la survie des principes républicains. L’effort économique à fournir dans les années qui viennent devra s’accompagner d’une vraie justice sociale. Nous en sommes loin.
07:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dlr, ariège, dupont-aignan, actualité, politique
14.10.2009
Toujours plus loin en république bananière
11:36 Publié dans vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dupont-aignan, politique, sarkosy, ariege
15.01.2009
Bouffée d'oxygène
C’est un moment privilégié pour rencontrer les militants mais aussi des personnes non engagées qui s’interrogent et viennent faire connaissance. Bien évidemment tout cela n’a pas valeur de sondage mais on perçoit bien, au travers des divers contacts, l’humeur générale.
Une chose est sûre, beaucoup d’adhérents de l’UMP, lassés de l’agitation présidentielle désordonnée, nous rejoignent.
Depuis 1996, Monsieur NEGRE se bat pour faire connaître et développer son invention de génie, un moteur propre au rendement énergétique supérieur même à celui de la voiture électrique. Il a aussi mis au point une organisation révolutionnaire de la production, reposant sur des mini-usines décentralisées et autonomes.
L’objectif est de réduire le coût de la logistique en supprimant bon nombre d’intermédiaires entre le fabricant et l’acheteur. Renault et tous les constructeurs européens, peut-être effrayés par ce modèle alternatif d’industrie automobile, l’ont mis à l’écart et refusé de saisir la chance que représentait son invention pour les petites voitures urbaines.
C’est le groupe indien d’automobiles TATA qui après 31 mois d’études a reconnu la fiabilité de ces prototypes et a acheté pour l’Inde son brevet. Le coût de ces petits véhicules sommaires mais très économes - et n’émettant pas de CO2 - sera inférieur à 5 000 euros. La commercialisation commencera en septembre, en dehors donc de toute implication de l’industrie automobile française…
Une fois de plus on ne peut que s’interroger sur cette incapacité française à repérer les talents, à aider la créativité et surtout à la diffuser. En vérité, la voiture à air comprimé remet en cause trop fondamentalement une chaîne économique colossale aux intérêts puissants. L’industrie automobile française n’a pas compris malheureusement suffisamment tôt que la voiture propre était l’enjeu de ce début de siècle. Elle n’a su que délocaliser à outrance et maintenant vient pleurer pour réclamer des subventions publiques.
Allons-nous laisser à la Chine, à l’Inde ou au Japon les innovations majeures du XXIème siècle ?
Il serait temps que l’aide publique que prévoit le gouvernement soit assortie de conditions draconiennes pour être sûr qu’elle serve le passage aux différentes nouvelles technologies (air comprimé, électricité, hydrogène). N’oublions pas que 10% du PIB français sont concernés…
On ne voit que trop le résultat de la politique acharnée des libéraux de gouvernement qui, plus royalistes que le roi, au nom d’une fausse modernité vouant aux gémonies l’Etat et la Nation, ont laissé tomber depuis une vingtaine d’années toute ambition industrielle nationale. Une ambition sans laquelle, ne l’oublions pas, la France n’aurait aujourd’hui ni TGV, ni Airbus, ni Ariane, ni centrale nucléaires, etc.
Au lieu de mimer le retour de l’Etat dans l’économie française, à coup de distribution généreuse d’argent public sans contrepartie réelle, il serait grand temps que le président renoue avec un vrai colbertisme, rendu plus que jamais nécessaire par la frilosité à courte vue d’un certain capitalisme tricolore. La France ne pourra attendre éternellement, sauf à voir ses Airbus de demain financés et exploités par la Chine et l’Inde qui, elles, n’en sont pas à un colbertisme près…
07:49 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : automobile, ariege, dupont-aignan, politique
09.01.2009
SOS Hôpital public
COMMUNIQUE DE PRESSE
Pour des états généraux de l’hôpital public
Les déclarations du Chef de l’Etat sur les moyens de l’hôpital public, qui seraient selon lui tout à fait suffisants, provoqueront très légitimement un profond sentiment d’injustice parmi les professions concernées.
Il est vrai qu’une partie des déficits s’explique par l’inertie, la désorganisation aggravée par l’introduction des 35 heures, et le manque de cohérence dans l’organisation des soins.
Comment, cependant, Nicolas SARKOZY pourrait-il ignorer la stagnation endémique des salaires des personnels hospitaliers depuis une dizaine d’années, le scandale absolu des heures supplémentaires et nocturnes peu ou pas rémunérées et la très inquiétante crise de vocations que provoque, en conséquence, cette paupérisation rampante de l’hôpital public, notamment chez les infirmiers et infirmières ?
Plutôt que d’imposer une énième loi technocratique, le gouvernement ferait mieux de remettre à plat l’hôpital public en France, en convoquant des états généraux associant réellement l’ensemble des acteurs concernés.
Nicolas DUPONT-AIGNAN Député de l’Essonne Président du rassemblement gaulliste et républicain Debout la République
17:46 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, hopital, dupont-aignan, ariege
27.12.2008
Je persiste et je signe
Mon dernier article a suscité beaucoup de controverses sur les sites internet des principaux journaux. Certains n’ont pas compris ma remarque et m’ont accusé de faire de la démagogie.
Je persiste et je signe. Ce n’est pas faire de la démagogie que de s’étonner de l’absence concomitante du Président et de son Premier ministre. Libre à chacun bien évidemment de prendre les vacances qu’il souhaite, mais pas en même temps, ni de surcroit lorsqu’une partie de nos compatriotes affronte le Noël sans doute le plus difficile depuis plusieurs décennies.
Mais au-delà de ce point précis, c’est la conception de la fonction présidentielle qui est en jeu. Je crois en effet profondément que la France a besoin d’un Président de la République qui ne gouverne pas seulement, mais qui incarne la Nation. La dimension symbolique de la fonction est essentielle à la bonne marche de notre pays. Les Français doivent se retrouver dans leur Président et c’est ce que ne comprend manifestement pas Nicolas Sarkozy.
Sa prétendue modernité n’est finalement qu’une facilité qu’il souhaite se donner afin de cumuler les avantages de la fonction sans en accepter les contraintes. En voulant jouer sur tous les tableaux, le Président ne semble pas saisir qu’il scie la branche de l’institution présidentielle sur laquelle il est assis.
De même, j’ai lu aujourd’hui, avec stupéfaction, que le Président de la République s’inviterait au Conseil National de l’UMP du 24 janvier pour mettre en place la nouvelle équipe de direction. Son message au pays est clair : « C’est donc moi le patron de l’UMP ».
C’est tout l’édifice institutionnel voulu par le Général de Gaulle qui s’effondre donc ; le Président n’est plus au-dessus des partis, mais l’homme d’un parti. Il ne faudra pas pleurer quand la colère montant des profondeurs du pays, le premier qui sera emporté, sera la chef du clan.
Raison de plus pour préparer au plus vite l’après Sarkozy avec une équipe solide et un projet volontariste.
Par Nicolas Dupont Aignan
12:02 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, president, ministre, ariege
25.12.2008
La place du Président et du Premier ministre est auprès des Français !
J’ai récemment visité l’appartement de Georges Clemenceau, transformé en musée, rue Franklin, près du Trocadéro à Paris.
Rien n’a changé depuis sa mort le 24 novembre 1929. Le temps semble suspendu et cela est d’autant plus émouvant que le petit musée installé à l’étage au-dessus révèle des facettes inattendues du personnage, son éclectisme, son extrême sensibilité, qui contrastent avec l’image habituelle du « Tigre ».
On comprend surtout en visitant ce musée pourquoi Clemenceau était le seul qui pouvait rassembler la Nation lors de la terrible épreuve de 1917 où tout semblait s’effondrer.
Seul Clemenceau, comme Président de la Commission de la Défense du Sénat de 1915 à 1917, allait au front visiter les tranchées partager l’ordinaire des poilus. Ce n’était pas une image d’Epinal mais la réalité d’un homme qui ne pouvait accepter de voir ses compatriotes au front pendant que les élites françaises étaient confortablement au chaud à l’arrière.
Quel contraste avec les cercles du pouvoir d’aujourd’hui qui, au moment où des dizaines de milliers de salariés voient leur entreprise fermer, s’envolent toujours plus loin, ici au Brésil, là en Egypte, pour réveillonner à l’écart des difficultés du pays. Au mieux, c’est une maladresse, au pire c’est une faute.
Les Français qui souffrent auraient aimé en cette fin d’année voir leurs dirigeants auprès d’eux, sans ostentation, avec simplicité et sincérité.
Par Nicolas Dupont-Aignan
22:41 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, président, ministre, ariege
13.05.2008
OGM, Citoyens 1 - Gouvernement 0
Je ne peux que me réjouir du vote de nos parlementaires cet après-midi dans l’hémicycle. Le peuple est majoritairement défavorable à une libre culture des OGM et pour une fois, notre assemblée nationale est enfin le reflet de la pensée populaire.
Félicitations à tous les députés qui ont osé.
par Philippe Martinez-Mateos
Responsable départemental DLR09
20:46 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ogm, ariege, nda
23.01.2008
Le grand silence...
Présentation à la presse lundi de mon livre, Le coup d’Etat simplifié, discours dans le cadre du débat sur la révision constitutionnelle à l’Assemblée Nationale mardi, je n’ai pas relâché mes efforts ces derniers jours pour alerter l’opinion sur les terribles conséquences du traité de Lisbonne et plus encore sur le viol délibéré de notre démocratie que représente la ratification parlementaire.
Nous étions peu nombreux à l’Assemblée hier soir à nous opposer à ce coup de force parlementaire, sans précédent depuis la libération.
Les interventions des orateurs de l’UMP furent stupéfiantes. Le Général de Gaulle a dû s’en retourner dans la tombe ! Les arguments les plus faux ont été utilisés pour justifier l’injustifiable : le refus de consulter le peuple par référendum. L’un d’entre eux est même allé jusqu’à invoquer Gaston Monnerville, tandis que Madame Ameline raillait dans la veine politicienne la plus petite l’action parlementaire de ceux qui demandaient un référendum ! Pour ma part, j’ai démonté un à un les arguments du Gouvernement qui n’a pas jugé bon de me répondre car, honnêtement, il n’avait rien à redire !
En vérité, à côté de celles et ceux qui ne comprennent rien à rien et qui de toute façon s’en moquent, il y avait hier les parlementaires depuis toujours fédéralistes conscients du changement de régime historique qu’entraîne la ratification du traité de Lisbonne et qui savouraient discrètement leur victoire. Et ceux, bien naïfs, qui croient encore que l’on peut d’un côté faire preuve de volontarisme politique national et de l’autre appliquer un tel traité.
Face à ce front uni, le Parti Socialiste écartelé était aux abonnés absents et seuls les communistes, quelques gaullistes et une souverainiste, ont lutté jusqu’au bout !
Côté médiatique, nous continuons à nous heurter à un mur jamais vu. A part quelques journalistes assez surpris comme nous du grand silence de la presse, l’indifférence demeure la règle. Une règle de fer ! L’un d’entre eux, assez lucide, me disait avoir été missionné pour un reportage sur le billet d’un euro proposé par Louis Giscard d’Estaing, plutôt que de parler du débat sur l’avenir de la démocratie en France ! Pendant ce temps, on entendait et lisait partout que le PS est profondément divisé, sans qu’il soit fait mention en quoi que ce soit de l’enjeu de forme et de fond que représente la scélérate ratification parlementaire…
Une autre encore m’avouait, je la cite : « Mais pourquoi en parler, les Français trouvent cela compliqué ».
Il est sûr que si les médias n’en parlent pas, personne ne s’y intéressera ! Je demande aux journalistes, aux éditorialistes que je crois honnêtes et sincères pour la plupart, d’oser enfin parler des choses importantes. L’adoption du traité de Lisbonne qui transfère des pouvoirs considérables à des organismes non élus et qui vide de sa substance notre démocratie mérite débat, à tout le moins devoir d’alerte !
D’ailleurs, les Français s’y trompent moins qu’on veut le faire croire : 70% disent leur volonté d’un nouveau référendum, mais les médias ne diffusent pas cette information malséante et la commentent encore moins…
A force d’écarter du débat tout ce qui est substantiel, essentiel, vrai, le miroir médiatique dans lequel se mirent sans complexe les élites qui nous gouvernent, se brisera avec elles. Car n’en doutons pas, on ne pourra pas continuer bien longtemps à vivre paisiblement en France dans un système aussi verrouillé, aussi oligarchique, aussi méprisant pour le peuple et l’intelligence du public. Il n’est pas d’exemple historique où les Français subissent sans se rebeller une telle charge de plomb.
Au lieu d’y prêter la main, les principaux médias, notamment la presse écrite qui connaît un désamour croissant des lecteurs, devraient se souvenir que leur audience tient avant tout à leur crédibilité face à l’opinion publique.
Par Nicolas Dupont-Aignan
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